Érigé en leader de la Beat Generation, l’écrivain de Sur la route, dont l’adaptation cinématographique sort ce mois-ci, était avant tout un homme en quête de Dieu.
«I am not a beatnik, I am a catholic» («je ne suis pas beatnik, je suis catholique»), écrivait Jack Kerouac dans la préface du Vagabond solitaire. Une assertion en apparence surprenante dans la bouche de celui qui fut, dès son vivant, consacré pape des marginalités, prince de la déviance, chantre de la contestation. Car il est de bon ton de considérer Jack Jean Louis Lebris de Kerouac, écrivain américain d’origine canadienne aux possibles ancêtres bretons, comme tout à la fois le père de la Beat Generation et le grand-père des hippies. Son ouvrage le plus connu, Sur la route, sorti en 1957, est supposé avoir été un évangile de la déréliction pour générations perdues enfantées par le consumérisme des Trente Glorieuses, cherchant leur salut dans l’auto-stop, la frénésie sexuelle, la Benzédrine ou le LSD.
Et pourtant. Ces souverains poncifs sont en fait très éloignés de la vie et de l’œuvre de cet homme qui écrivait en 1951: «L’Église est le dernier sanctuaire dans ce monde, le premier et le dernier. C’est l’édifice tangible du Seigneur, j’en ai fini avec le mépris de quoi que ce soit qui la concerne.»…
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Enregistrement de 1976 (mp3, 6 minutes) Gary Snyder a grandi entre l’Oregon et l’Etat de Washington.
Gary Snyder a grandi entre l’Oregon et l’Etat de Washington. Il a toujours éprouvé de la fascination pour les Indiens d’Amérique et obtenur un diplôme en littérature et anthropologie. Son cursus scolaire le mène à Berkeley où il approfondit sa pratique de la méditation zen et étudie les langues asiatiques. Le premier recueil de poèmes de Gary Snyder est publié en 1959. Snyder passe quelques mois en Inde en 1963, avant de repartir pour le Japon où il expérimente le LSD. Il trouve que cette drogue est un excellent complément à la pratique Zen. Il continue encore aujourd’hui à écrire de la poésie et des essais.
Cet enregistrement en mp3 qui comprend les poèmes “Anasazi”, “The Wild Mushroom”, “Avocado”, “One Should Not Speak to a Skilled Hunter” et “No Shoes, No Shirt, No Service” dure 6 minutes et a été enregistré à L’église St. Mark’s de New York le 29 janvier 1975. On doit sa redécouverte à l’université de Buffalo de new-York.
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Reportage réalisé par Radio-Canada en 1964, en Français, commenté par Lawrence Ferlinghetti et Jack Kerouac
Durée: 11’35”
Merci à Peter Hale pour cette trouvaille.
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L’opinion courante veut toujours que la sexualité soit agressive. Aussi, l’idée d’une sexualité heureuse, douce, sensuelle, jubilatoire, on ne la trouve dans aucun écrit. Où donc la lire ? Dans la peinture, ou mieux encore : dans la couleur.”
Roland Barthes*
Source: ambre40
Patrouille américaine de la 173e brigade aéroportée, vallée de A Shau. Sud Vietnam. Decembre 1967
Tirage argentique (30 x 40 cm).
Copyright Fondation Gilles Caron.
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Martin Luther King, Paris, March 1966.
[Credit : Gilles Caron]
Source: fotojournalismus
Dans le corps des hommes
Sourd aux appels
S’injectent des fluides
Qui restent suspendus
Au-dessus des cavités obscènes
Tels des véhicules accidentés
Beaux et froids:
Apothéose de la mort en kit
Compression du vide
Infiltration de flux
Qui irritent les nerfs
Violence sporadique
Soubresauts physiologiques
On passe du Minotaure au mythe.
Soudain le corps se rue sur lui-même,
Bête retournée, repliée, retrouvée,
Bête désunie et unie.
Oui…Monstre identitaire au flux suspendu…
Maintenant tu sais qui tu es:
L’ombre d’un autre.
FrazieJames, Ecoute, Mars 2012.
Un désordre d’arbres noirs
et les rayons fumants de la lune.
Là où la chaumière a coulé
et semble être sans vie.
Jusqu’au murmure de la rosée matinale
quand un vieillard ouvre
-d’une main qui tremble-
la fenêtre pour lâcher un grand duc.
Et dans une autre aire du vent
la construction nouvelle fume
avec un papillon de draps lavés
qui volette à l’angle
au milieu d’une forêt moribonde
où la décomposition lit
dans ses lunettes de sève
le compte-rendu des coléoptères.
Eté aux pluies de blé mûr
ou un seul nuage d’orage
au-dessus d’un chien qui aboie.
Le grain rue dans la terre.
Des voix affolées, des visages
volent dans les fils du téléphone
avec des ailes rapide mutilées
par-dessus les milles des marécages.
La maison sur une île du fleuve
qui couve ses premières pierres.
Une fumée constante-on brûle
les documents secrets de la forêt.
La pluie retourne dans le ciel.
La lumière serpente dans le fleuve.
Les maisons du précipice surveillent
les boeufs blancs de la cascade.
Automne avec une ligne d’étourneaux
qui tiennent l’aube en échec.
Les hommes ont la démarche raide
au théâtre de l’abat-jour.
Faites-leur toucher sans crainte
les ailes camouflées
et l’énergie de Dieu
enroulée dans l’obscurité.
Tomas Tranströmer, Secrets en chemin, 1958.
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